Un livre pour aller plus loin
Un camion de Poste Canada arrête en face de chez-moi. Le chauffeur descent avec un carton que je reconnais bien même de loin. Il apporte une commande que mon conjoint a passé chez Amazon.ca. J’ouvre la porte avant même qu’il ne sonne et il me regarde à peine surpris. Il me souris poliment en me tendant mon paquet. Son salut a un petit quelque chose de familier. Il y a de quoi, il doit passer chez-moi au moins une fois par semaine. Depuis que je suis entre deux mandats, on se croise régulièrement.
Je le remercie avec un sourire entendu en me demandant si le nom de mon conjoint va un jour apparaître sur une petite plaque dans le hall d’entrée du bâtiment de la maison mère d’Amazon pour souligner sa contribution régulière à la profitabilité de ce libraire virtuel. On peut dire que c’est l’un de leur très bon client! C’est d’ailleurs une petite plaisanterie entre nous depuis des années!
Comme d’habitude, je résiste à la tentation d’ouvrir le paquet en question. Je me garde une petite gêne car, il ne m’est pas adressé mais en fait, je me doute de son contenu : des livres d’informatique. Mon sous-sol et ma chambre à coucher en regorgent et sur les sujets les plus divers en autant que ça ait rapport avec les TI. Oh, mon conjoint commande bien quelques CD (musique) de temps à autre mais règle général, ce sont les bouquins TI qui ont la cote. C’est temps-ci, il y a toujours les mots “Design Patterns” dans le titre ou le résumé du livre. C’est fascinant tout ce qu’on peut écrire sur le sujet… et surtout que mon conjoint les lise tous avec autant de conviction même s’ils parlent tous plus ou moins de la même chose.
En fait, ce boulimique de la lecture TI a toujours été déçu par le côté “gratteux” de ses employeurs en TI et moi aussi d’ailleurs. La plupart du temps, ces derniers lui refusent l’achat du moindre livre ou mettent en place des systèmes de remboursement ou d’autorisation tellement complexes que le plus motivé des lecteurs préfère abandonner et payer lui-même son livre. Et pourtant, il y en a pour des centaines de dollars par années! Et pourtant, devrais-je dire, ses employeurs aussi bénéficient grandement de cette passion pour son métier. Mon conjoint est à la fine pointe des TI (même s’il dit continuellement le contraire – son humilité à ce sujet est quasi maladive). Pour maintenir son niveau, il n’a pas vraiment le choix de lire sur une base régulière. Ça fait partie de la job!
Vous pourriez lui poser une question sur tous les “buzz words” existants (passés, présents et futurs) et il vous en expliquera les moindres rafinements. C’est absolument fascinant! En entrevue, malgré son caractère réservé, il épate la galerie à tous coups.
Évidemment, je pompe un partie de ce savoir à mon profit lors de nos discussions mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il n’est pas dans les normes actuels de ne s’intéresser qu’à ça. La plupart des gens en TI que je connais lisent bien sûr sur le sujet mais jamais autant que mon conjoint. Ce qui me fait dire que si les employeurs étaient moins chiches sur l’achat de livre, il est très probable qu’un petit budget de 300$ par année par employé pour l’achat de livre serait très réaliste. Ça existerait à certains endroit mais personnement, je n’ai jamais vu ça. Comme si, en ouvrant les vannes, les “boss” avaient peur d’être littéralement lessivés par leurs employés.
En TI, le roulement de personnel est une religion et ce, même si ça coûte une fortune aux employeurs. Pourtant, avec ce genre de petit incitatif peu coûteux, la rétention serait sans doute meilleure.


