Mexico TI : Noël

J’ai du mal à écrire. J’aurais des tas de choses à dire (je vois déjà quelques sourires en coin) mais je manque… de courage.

Noël est à nos portes, une fois de plus… et, je n’aime pas Noël. Peut-être l’ai-je déjà aimé lorsque j’étais plus jeune mais honnêtement, ça doit faire très longtemps car, je ne m’en souviens plus.

Lorsque mes poussins sont arrivés dans ma vie, je me suis dite qu’il faudrait que je me botte le derrière car, Noël est quand même une fête importante dans l’année et ce, en dehors du caractère religieux qu’on lui attribue. Il ne faut pas que je teinte leurs Noël avec mes couleurs.  Alors, “cheer up” ma fille!  Et tant qu’à faire, écrit donc cet article avant de partir en vacance.

Ainsi donc, madame Tremblay s’est fendue en salade pour mettre de l’ambiance pour Noël. Il est vrai que nous allons être absent du Mexique à ce moment-là mais, qu’à cela ne tienne, il nous fallait un sapin.  Et oui, vous avez bien lu. Un sapin de Noël comme au Canada. Nous ne sommes pas les seuls croyez-le bien. En fait, c’est très populaire ici aussi. Partout, on voit des boules, des guirlandes, des crèches, des lumières qui clignotent. La mode nord-américaine a déjà clairement défoncé la porte du Mexique. Si vous allez au Home Dépôt de León, vous verrez même des immenses baudruches soufflées comme au Canada.

Heureusement, Mme Tremblay est là pour nous rappeler la version plus traditionnelle.  Chaque démarche que nous avons faites au cours des dernières semaines s’agrémentaient de souvenirs tous plus intéressants les uns que les autres. Franchement, s’il n’y avait pas eu ça, ça m’aurait déçu.

Mais commençons par le sapin. En fait, il s’agit d’un pin mugo d’environ 4 pieds de haut que nous avons placé dans un pot ce qui l’amène à environ 5 pieds et demi.

Dans un bazar à Dolorès Hidalgo, nous avons fait provision de boules et autres décorations de même qu’un ensemble de lumières tout à fait hallucinant. Au Canada, ça aurait coûté une fortune mais ici, pour quelques dollars, on est parti avec un jeu de 500 lumières multicolores qui décore non seulement le sapin mais tout un pan de mur.  Le tout clignote de toutes les façons possibles ou peut rester statique (quand on devient trop étourdi à les regarder aller).

C’est aussi à Dolorès Hidalgo que nous avons trouvé les personnages de la crèche.  Nous avons choisi un ange, une Marie, un Joseph, trois rois mages (la version sans leur monture) et un petit Jésus. Ils sont entièrement faits à la main et franchement, ils sont très beaux.

Quelques jours plus tard, nous mettions la main sur une crèche/étable pour abriter tout ce beau monde.  À la place de la paille dans le fond de la crèche, nous avons mis une espèce de plante cactus qui pousse sur les arbres comme de la mousse. C’est très doux et vert bleuté.

Traditionnellement, on ne mets pas le petit Jésus dans la crèche dès le premier jour… ça fait du sens car, il n’est pas encore né!  Normalement, la crèche aussi arrive plus tard soit la dernière semaine seulement mais comme nous étions pressés, nous avons contourné un peu toutes ces règles. Par contre, les enfants ont accompagné leur grand-mère dimanche pour la messe afin de faire bénir les principaux personnages de notre crèche par le prêtre. Cette démarche est très populaire ici.

Finalement, aujourd’hui même, nous sommes allés nous balader dans un autre petit marché en plein air pour dénicher d’autres personnages à ajouter à notre installation. Ici, peu importe que ces derniers aient rapport avec la nativité, l’important, c’est de décorer, mettre de la vie, agrémenter la scène afin de la rendre plus belle. Nous avons donc acheté un monsieur (mexicain) qui transporte de l’eau, une madame (mexicaine) qui vend des trucs au marché, un vieux bonhomme (encore mexicain) qui pèche du poisson, une poule et ses poussins en train de picorer (sais pas s’ils sont mexicains ceux-là), une grenouille, un cactus pour la verdure et de la fleur de pierre (flor de piedra) – sorte de mousse verte.

Vous imaginez bien qu’Isabelle et Philippe ont eu beaucoup de plaisir à décorer l’arbre et à assembler tout le bazar.  On a même tourné le divan vers le nouveau décor pour pouvoir l’admirer à notre aise.  Parfois, on ferme toutes les lumières le soir et on essai les différents jeux de lumières.

Je dois dire que sans l’enthousiasme de grand-maman Mexique, je ne crois pas que tout cela aurait pu avoir lieu. Je salue donc publiquement son dévouement envers ses petits-enfants. Qu’elle soit assurée qu’ils n’oublieront pas l’expérience de sitôt.

Mais, je ne peux pas passer sous silence un autre symbole important du temps des fêtes : le poinsettia ou étoile de Noël. Ici, on l’appelle Noche Buena (à ne pas confondre avec buenas noches).  Je ne vous apprends sans doute rien si je vous dis que cette plante vient du Mexique.   Son nom nord-américain lui vient du premier ambassadeur américain au Mexique, Joel Roberts Poinsett.  Dans le premier “vivero” (horticulteur) où nous sommes allés, nous avons découvert que ce dernier avait gagné un prix Guinness pour avoir produit le plus grand nombre de plant en pot de Noche Buena (980 000 il me semble) en une seule saison.  C’est un euphémisme de dire qu’il y avait du choix.

Dans moins d’une semaine, nous prendrons la route pour la Floride en faisant un arrêt à Austin au Texas. De là, nous passerons les fêtes avec mes parents qui nous attendent impatiemment.  Les enfants sont excités comme c’est pas possible. Ils ont très hâte de revoir la Floride. Ça n’est pas que le soleil manque ici mais, dans le contexte actuel, ça va changer le mal de place comme on dit. :-)

Je risque donc d’être plutôt muette jusqu’à notre retour début janvier. Ne restez donc pas surpris!!!

Mexico TI : le marathon

Trop de choses à dire, trop peu de temps pour le faire. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il y ait des anecdotes ou des petits voyages pour découvrir le coin et parfois, plus loin encore. Je n’arrive pas à tout raconter et j’aimerais que vous sachiez que ça n’est pas de la paresse. En fait, c’est extrêmement frustrant mais bon. On fait ce qu’on peut.

Voyons voir. De quoi vais-je vous parler cette fois-ci?  El Cubilete? San-Nicolas-de-los-Augustinos? El cerro de… j’ai oublié le nom (zut!). Les cours d’équitation des enfants?  Les aventures sportives de Carlos? Le système routier du Mexique? La dernière fois où je suis allée au comptoir de la boucherie à l’épicerie… Et j’en passe, croyez-moi. Chacun de ces sujets pourrait facilement faire l’objet d’un article. :-)

Bon, il faut que je me décide… ça sera… les aventures sportives de Carlos (pobrecito).

Depuis notre arrivée au Mexique, Carlos a décidé de se mettre en forme. Il faut dire que deux facteurs favorisent cette décision : le temps (il a davantage de temps que lorsqu’il travaille à temps plein à Montréal) et le climat (jamais réellement chaud, jamais réellement froid, jamais humide, toujours ensoleillé, que demander de plus!)

Lors de la visite de nos amis les Brevet, il faisait du vélo de montagne avec Philippe (Brevet, pas mon petit homme). Ensemble, ils ont ratissé la région en montant et en descendant des côtes spectaculaires. Ils ont rencontré des chiens enragés qui leur courraient après et Carlos a même dû balancer un coup de pied sur la gueule de l’un d’eux. Ils ont aussi rencontré des cactus et à leur retour, on comptait les piquants encore présents dans leurs chairs. Ils ont pris le clos quelques fois et se sont pavanés avec leurs blessures vaillamment obtenues. Bref, ce fut court mais combien héroïque.

Normal donc, qu’au départ de nos amis, Carlos ait cherché un nouvel exutoire.  Allait-il poursuivre dans le cyclisme de montagne et risquer de se casser la gueule tout seul. Nonnnnn, c’est bien trop plate et puis, comme je ne m’émeus pas vraiment devant ses blessures, il faut trouver autre chose de plus glorieux. :-)

C’est alors que son frère Diego entre en jeu. Il court depuis un bon moment (pas après quelque chose en particulier mais plutôt pour un marathon) et s’est inscrit au marathon d’Ottawa.  C’est le déclic. Si son jeune frère le fait, pourquoi pas lui.

Lors d’une visite au Club Price, il s’achète de nouvelles chaussures sport et se lance dans un programme ambitieux. Tous les jours (ou presque), il enfile short, t-shirt et nouveaux souliers pour aller s’essouffler dans la montagne en avant de chez-nous. Il court sur le sentier qui mène à la mine et il revient. Le parcours monte et descend, parfois sablonneux, parfois pierreux. Bref, lorsqu’il souffle comme un bœuf au retour, on sait pourquoi.

Au cours du mois qui suit, il tente différentes approches pour améliorer son entrainement.  Il achète une poudre hypercalorique, protéinée et tout le tralala avec laquelle il se fait une sorte de breuvage (dégueu) pour s’engraisser. Il teste l’anneau de course de la Macro (centre sportif juste à côté) et mesure scrupuleusement son temps. Il va même jusqu’à visiter un petit gymnase tenu par un ex-M. Muscles du Mexique en vue de faire également des poids et haltères.

Voici d’ailleurs une petite anecdote à ce sujet. Lorsqu’il discute avec la dame à propos du fonctionnement du gymnase, il en vient à poser la question suivante : est-ce que quelqu’un est là pour aider…. S’en suit un petit silence gêné de la dame qui finit par répondre que, eh bien, c’est à lui de soulever les poids. C’est pour ça qu’il est là, non?!!! :-)

Puis, quelque part au début novembre, il déclare qu’il va s’inscrire au marathon de Guanajuato qui va avoir lieu deux semaines plus tard.  Passé le moment de stupeur (sa mère, les enfants et moi), il nous explique le plus sérieusement du monde qu’il s’agit d’un parcours de 10 km. Il ajoute, confiant que, comme il ne souffre pas de courbatures après ses séances de course, il pense que c’est parce qu’il ne pousse pas assez la machine. Donc, en principe, s’il maintient la cadence, ça devrait aller.

No du dossard de Carlos (scan)

No du dossard de Carlos (scan)

Deux semaines plus tard, il va s’inscrire et obtient le no 153 qu’il doit épingler sur son chandail le jour J. Le samedi 19 novembre, c’est le moment de vérité.  Ça va passer ou ça va péter. Il part au petit matin costumé de pied en cape et armé de son cellulaire car, il aimerait que les enfants puissent l’appeler en cours de route.  Nous prévoyons le rejoindre au fil d’arrivée pour voir son triomphe.  Environ 30 minutes après son départ présumé (ils sont partis en retard), les enfants l’appellent.  La conversation sera courte.  Pour ma part, je calcule rapidement la distance parcourue afin d’évaluer l’heure de son arrivée.

Malheureusement, nous arriverons trop tard.  Il a finalement fait le parcours en 57 minutes. Je ne sais pas s’il a fait un sprint vers la fin mais lorsque nous nous croisons, il a déjà reçu sa médaille de participation (quand même, fallait pas s’imaginer qu’il remporterait l’or pour une première fois), il est souriant et… il pue. :-)  Il a atteint son objectif, celui de terminer la course.

Et, ça n’est pas terminé. À presque tous les jours, il part trotter dans la montagne. Je ne sais pas s’il songe à faire le marathon de Montréal au retour mais qui sait…